Les nouveauté du Café

Les nouveauté du Café

Bonjour à tous les lecteurs,

Je n’ai rien publié sur café conscient depuis un certain temps. Je présente mes excuses aux lecteurs du café qui s’en sont rendu compte.

Ce bref post a pour but d’introduire deux nouveautés. Bientôt un format vidéo sur youtube sera introduit. N’hésitez pas à me dire ce que vous aimeriez regarder. Des méditations guidées ? Des interviews ? Des retraites filmées ?

Aussi, dès la semaine prochaine retrouvez votre présentation hebdomadaire autour d’un ouvrage sur la médiation. Chaque semaine, je vais essayer de vous introduire à un ouvrage qui a enrichi ma pratique, directement ou indirectement.

Une pratique pour se sentir plus connecté à son environnement et aux autres

Une pratique pour se sentir plus connecté à son environnement et aux autres

En bref :

Parfois on a tendance à se sentir seul, isolé. Les philosophes, les sages nous expliquent patiemment qu’il n’en est rien. Que ce sentiment est une illusion car nous sommes tous reliés et que nos destins sont imbriqués comme les doigts de la main. Parfois, nous sommes même enclins à y croire. Mais il n’empêche que nous avons du mal à ressentir cela. Au fond de nous, nous pouvons nous sentir terriblement seuls. Parfois, nous devenons même irritables car nous en voulons secrètement aux autres de ne pas nous comprendre, de ne pas être assez ‘là’ pour nous.

Ce sentiment à l’origine de tant de souffrances, chers lecteurs, occupe une place fondamentale au cœur de la pratique contemplative. Cela renvoie à la notion d’interdépendance. Je vous propose ici une pratique simple qui vous aidera à cultiver un sentiment d’appartenance, et donc à vous défaire de la solitude.

Pourquoi : Favoriser le sentiment d’appartenance. Rendre la compassion plus aisée et plus naturelle. Aide à ne plus se sentir isolé ou ‘à part’.

Comment : Munissez vous d’un beau fruit, selon vos goûts et ce dont vous disposez à la maison.

Etape 1 : Il convient que vous vous asseyez sur une chaise les mains sur les cuisses, avec la colonne bien droite, ou en tailleur de façon analogue. Une posture de méditation traditionnelle conviendra également. Pour cela siddhasana ou padmasana sont adaptés.

Observer une dizaine de respirations ou plus selon votre agitation mentale. Portez l’attention sur les différents moments de la respiration : l’inspiration d’abord, le moment qui suit au cours duquel vos poumons sont gorgés d’air, et enfin l’expiration. Une fois le mental calmé, passez à l’étape suivante.

Etape 2 : Devant vous, placez le fruit à la hauteur de votre regard sur une chaise, ou devant vous sur un coussin. Tachez d’imaginer la graine d’où le fruit est sorti. C’est bon vous y êtes ?

Imaginez ensuite le visage de l’agriculteur, du paysan qui a pris soin de planter cette graine. Imaginez-le, vraiment. Imaginez aussi la terre qu’il a remué, l’eau qu’il a recueillie pour l’apporter à l’arbre naissant. Songez aux différents oiseaux qui sont venus se poser sur les branches de l’arbre.

Songez à présent à la famille de cet homme aux mains calleuses. Imaginez le soin avec lequel peut être l’épouse de cet homme a préparé le repas qui lui a permis de cultiver la terre.

Songez aussi à l’ouvrier. Ce jeune ouvrier qui a donné son temps et sa santé peut être, pour que les machines de l’agriculteur fonctionnent.

Élargissez l’expérience à toutes les vies humaines ou non qui se sont déployées pour rendre possible la culture de ce fruit que vous contemplez.

Contemplez le ciel si vous avez une fenêtre à proximité et imaginez les nuages se déverser dans la terre et nourrir ainsi la végétation. Imaginez tout cela, visualisez le plus de détails possibles. Tout ce qui a été nécessaire à l’élaboration de votre fruit.

Etape 3 : Prenez le fruit dans votre main, approchez-le de vos lèvres, croquez dedans et savourez-le. Ressentez le lien qui s’établit entre vous et toutes ces vies que vous venez d’imaginer. Ressentez cette connexion. Vous êtes reliés. Vous n’êtes jamais seul. Prenez conscience de cela et répétez l’expérience.

Une pratique pour développer la compassion envers soi

Une pratique pour développer la compassion envers soi

En bref :

Le développement de la compassion est une chose ardue. Nous sommes tous certainement conscients, du moins nous l’admettrons verbalement facilement, que l’expression de la compassion est une chose désirable en soi.

Si nous étions capables d’exprimer la compassion envers nous-même, nous n’aurions peut-être pas tant besoin d’aller arracher à nos proches des marques d’affection, nous serions capables plus aisément de (nous) pardonner et ce faisant d’agir et de construire nos vies quotidiennes de façon positive et non réactives. Plus généralement, faire preuve de compassion c’est être capable de recevoir l’autre. S’il s’agit d’auto-compassion c’est la capacité à se recevoir, à s’accueillir et s’accepter tels que nous sommes. Partant, cette acceptation permet à chacun de (se) donner sans compter si nerveusement, sans avoir peur de perdre. Pour générer de la compassion, un revirement de perspective radical du point de vue de l’individu est nécessaire. Nous ne détaillerons pas ici les commentaires quant à ce changement de perspective, mais nous allons proposer une pratique qui permet de s’apercevoir de quoi il s’agit précisément en pratique. La pratique que nous proposons ici est plus que largement inspirée de ce que les adeptes du Bouddhisme nomment Tonglen.

La durée de cette pratique est de 10 à 15 minutes au moins. Pratiquez là autant que vous voudrez.

Pourquoi ?

Apprendre à rester présent face aux aléas et difficultés de l’existence – que ceux-ci soient existentiels, relationnels ou autre. Développer la compassion envers soi-même.

Comment ?

Etape 1 : Il convient que vous vous asseyez sur une chaise les mains sur les cuisses, avec la colonne bien droite, ou en tailleur de façon analogue. Une posture de méditation traditionnelle conviendra également. Pour cela siddhasana ou padmasana sont adaptés.

Etape 2 : Prenez conscience d’une des difficultés que vous traversez actuellement. Il peut s’agir d’un problème d’argent, d’une rupture, d’un licenciement, de la mort d’un proche ou que sais-je. Prenez un problème, c’est-à-dire un évènement ou une situation qui vous tourmente. Une fois que vous avez ce problème en tête, essayez de bien en prendre conscience c’est à dire de ‘voir’ l’entièreté de ce que vous refusez d’accepter et qui vous heurte.

Etape 3 : A présent, placez votre attention conjointement sur votre respiration et sur ce problème. A l’inspiration ayez la volonté d’accepter, de recevoir, de prendre ce problème dans vos bras. Inspirez vos émotions conflictuelles. A l’expiration, relâchez de la joie, de la lumière, de la légèreté et du bonheur.

Pour vous aider à faire cela, imaginez que votre cœur distille toute cette noirceur. Votre cœur transforme la noirceur que vous inspirez en quelque chose de rayonnant et de positif.

Etape 4 : Pratiquez le Tonglen en ayant bien conscience de ce que vous souhaitez transformer dans votre attitude et dans votre vie. Il n’y a pas de limite à cette pratique. Avec le temps vous pourrez la pratiquer vis-à-vis des autres, c’est-à-dire que vous pourrez de façon similaire générer de la compassion pour les autres, et même pour ceux qui n’ont pas encore gagné votre cœur.

 

 

Une pratique pour se décharger du trop-plein, de la négativité et des émotions lourdes :

Une pratique pour se décharger du trop-plein, de la négativité et des émotions lourdes :

En bref :

Il se peut qu’après une journée de travail ou de cours, ou après une discussion un peu animée avec un proche, vous vous sentiez incapable de méditer. Vous mettre en tailleur et commencer à pratiquer est difficile car vous êtes comme un lion en cage et ne trouvez pas l’espace suffisant pour vous asseoir et débuter la pratique. Si tel est votre cas, je vous conseille la pratique suivante qui est issue de la Tradition bouddhique.

Le cycle est de 12 respirations qui comprennent – traditionnellement – 3 temps, à savoir, inspiration, transition et expiration. La durée de cette pratique oscillera entre 5 et 10 minutes selon les individus et leurs habitudes.

Pourquoi ?

Vider le trop plein émotionnel, la négativité et clarifier le mental. Un bon travail préparatoire à des formes de méditations profondes.

Comment ?

Etape 1 : De manière préalable, prenez quelques instants pour visualiser votre corps totalement vide, transparent, ayant la légèreté d’un plume.

Etape 2 : Placer votre index et votre majeur entre les deux sourcils, ainsi votre pouce peut se placer et fermer aisément la narine droite avec votre pouce – vous utilisez votre main droite ici. Inspirez profondément avec la narine gauche, en imaginant qu’une lumière blanche et pure vous pénètre. Laisser votre attention au niveau de votre 3ème œil, c’est-à-dire entre vos sourcils, quelques instants.

Etape 3 : Puis, avec votre annulaire, bouchez maintenant la narine gauche, c’est-à-dire celle qui inspirait.  A l’expiration, imaginez que ce qui vous accable s’en va dans une fumée noire et dense. Il peut s’agir de votre colère, de vos obsessions sensuelles, d’une culpabilité, ou même simplement de la confusion peu importe.

Répétez la manœuvre 6 fois pour cette narine. Ensuite changez de main et inspirez avec la narine droite. Le processus est symétrique, entièrement.

Vous devriez à présent vous sentir plus serein et moins confus. Vous pouvez à présent débuter une pratique méditative de votre choix et selon vos besoins. La simple observation de la respiration pendant une vingtaine de minutes est parfaitement adaptée pour calmer le mental et le corps émotionnel.

La méditation : une pratique apaisante ?

La méditation : une pratique apaisante ?

La méditation, au juste, c’est quoi ? La question peut paraitre déroutante, a fortiori lorsqu’elle est posée sur un site consacré à la méditation. Elle vaut néanmoins le coup qu’on se la pose. Plus précisément, il est légitime de se demander si notre pratique correspond vraiment à ce qui se cache derrière ce vocable aussi vaste que confus : méditation. A moins que nous n’imitions simplement les maitres et experts auxquels nous donnons la responsabilité de nous faire méditer et de le savoir à notre place ?

Un article paru dans Madame Figaro, le 24 octobre 2017, reprenant les propos du philosophe Fabrice Midal titrait « Méditer, ce n’est pas faire le vide dans sa tête ou être calme ». Si je comprends bien les propos qui nous sont rapportés, méditer ce serait « s’arrêter pour écouter », ce serait aussi « laisser les choses nous lâcher, en entrant en rapport avec notre corps ». Dans l’ensemble, je crois qu’il est bon de rappeler que la méditation n’a pas vocation à remplacer quelconque anxiolytique. La pratique n’est pas un sédatif nouvelle génération qui éviterait les effets secondaires des substances qui sont vendues en pharmacie, afin de vous tranquilliser.  En ce sens, je ne peux que souscrire aux propos du philosophe.

Il est aussi fréquent de qualifier la méditation – ainsi que d’autres pratiques contemplatives comparables – en ayant recours au champ lexical du voyage ou de la quête.

La méditation serait donc une quête, au moins au début. Méditer c’est entre autres choses, changer la direction du regard. Ce faisant, la conscience porte aussi sur l’intérieur. On découvre ou redécouvre alors l’existence de ce corps qui nous porte et qui s’exprime, parfois, sans qu’on ne l’entende. On découvre sous un regard neuf les émotions qui nous traversent. On découvre aussi bien des choses vis-à-vis de nos pensées ce qui nous conduit le plus souvent à « relativiser » l’importance de ces dernières.

Personnellement, je crois que si le vocabulaire associé à la recherche et au voyage est si usuel en la matière, c’est parce qu’en trame de fond se cache une idée : celle de la recherche d’un Soi ou de soi. Le méditant serait à la recherche de quelque chose qui le dépasse, lassé des plaisirs matériels et du désordre qui caractérise son existence. La recherche de cette transcendance fait partie des motivations souvent évoquées lorsqu’il est question de spiritualité.

La recherche de soi renvoie à mon sens à une époque plus contemporaine paradoxalement marquée par un individualisme forcené et par une identité fragile et morcelée. Les amateurs de littérature pourront arguer qu’il n’en est rien et que René a plus de 200 ans aujourd’hui… Certes, mais le vague à l’âme de René, à mon sens, caractérise très adroitement l’époque qui est la nôtre.  Sa quête instinctive d’un Infini, sa soif d’un horizon sans borne ne sont pas sans rappeler les lointains voyages qu’affectionnent les jeunes gens de la génération à laquelle j’appartiens.

La quête, cependant, est bien fructueuse. J’entends, par-là que rares sont les méditant qui parviennent à satisfaire ce désir. Et comme s’écriait René, le méditant finira souvent par se résigner et par penser : « Il me manquait quelque chose pour remplir l’abîme de mon existence : je descendais dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs l’idéal objet d’une flamme future ».

C’est à ce moment-là que la quête se transforme en enquête. De quoi parlons-nous au juste ? Toujours du moi. Il s’agit d’une enquête quant aux différentes activités du moi ainsi que le suggère Krishnamurti dans ses nombreuses causeries. C’est-à-dire, à toutes les idées, les concepts, expériences et souvenirs auxquels il nous est agréable de nous identifier. Mener cette enquête, pour reprendre les mots de cet homme remarquable, c’est tenter « de mettre fin au conflit ». Car tant que le moi subsiste, subsiste également la frontière entre le spectacle et celui qui le contemple, entre le penseur et la pensée, entre « l’observateur et l’observé ». L’action née de ce silence, c’est cela la véritable méditation, selon cet homme dont les causeries et la pensée n’ont pas fini de défier le temps. En d’autres termes, il ne s’agit point de se calmer ou de calmer ses pensées. Il ne s’agit non pas de « se découvrir » mais plutôt de découvrir ce que nous ne sommes pas. Tout cela est fort intellectualisé, j’en conviens, et à ce titre si peu précieux.

Méditer à mes yeux peut consister en la création de cet espace de contact et d’attention, libre et ouvert, comme le suggère Fabrice Midal. Cela suppose une attention sans cesse renouvelée. Peu importe que vous soyez à la recherche d’un Soi ou de vous-même, ce qui compte c’est que vous le fassiez sincèrement et que vous restiez ouverts sur le chemin.
Ainsi, cet espace ouvert, cette capacité d’attention aiguisée seront autant de facteurs qui vous permettront de découvrir et de réaliser ce que vous aurez décidé.  

3 conseils pour structurer sa pratique quotidienne

3 conseils pour structurer sa pratique quotidienne

Comment structurer sa pratique de la méditation ? Une question qui peut sembler simple, à la limite du poncif ; rien n’est moins vrai. La bonne structure pour la pratique, à mon avis, se situe à mi-chemin, entre deux pôles.

D’une part, il me parait important de ne pas structurer excessivement vos séances de méditation. A défaut, vous risqueriez de rendre l’activité semblable à une séance de workout. Le but n’est cependant pas de se satisfaire du nombre de répétitions accomplies, encore moins de compter le temps que vous passez sur le tapis. Toutefois, un minimum de structure vous aidera à gagner en lucidité quant à l’expérience que vous vivez sur le tapis et à la rendre, éventuellement, plus agréable.  

Lorsqu’on commence à pratiquer régulièrement, et ce d’autant plus, si l’on pratique de façon solitaire, il peut sembler difficile, rebutant ou effrayant d’effectuer des méditations prolongées. On peut aussi, après quelques temps, s’ennuyer, avoir l’impression de tourner en rond.

Découvrez ci-dessous 3 conseils pratiques pour structurer vos méditations :

Introduisez des méditations en groupe de temps en temps.

Un groupe de méditation est idéal, mais vous pourriez aussi méditer simplement avec un ami, votre frère ou votre partenaire.  La méditation en groupe permet de se rendre compte que l’on peut méditer plus longtemps, une heure par exemple, sans que cela soit « difficile ». Le groupe vous donnera également une certaine régularité sur le long terme. Le groupe permet aussi un certain réalisme qui vous aidera à faire l’examen de votre pratique, un contrôle de la réalité ou « reality-check » comme disent les anglo-saxons. Essayez de vous astreindre à au moins une pratique de groupe par semaine.

Découpez le temps que vous allouez à la méditation en plusieurs pratiques plus brèves

Personnellement, je commence toujours une séance par 5 minutes où je me contente de boire un thé, où j’observe mes pensées simplement avant de rentrer dans la pratique. Parfois et même souvent, cela me permet de me rappeler que je dois faire ceci ou cela. Je couche alors la nécessité sur le papier et peut débuter plus sereinement ma pratique.

Je découpe ensuite ma séance en plusieurs tranches de 5 à 20 minutes. Cela me permet de rendre les exercices plus ludiques et de me délester de l’aspect mécanique de la méditation. Je peux par exemple, effectuer une première partie dédiée à l’attention de la respiration, et une seconde portant sur des visualisations ou un thème précis de méditation. Ainsi je ne m’enlise pas non plus dans une répétition stérile d’exercices mentaux.  

Variez les pratiques méditatives

Ce conseil va de pair avec le précédent. En effet, la méditation est une affaire de conscience. La répétition
est donc à la fois votre allié et votre pire ennemi. Il vous faudra donc varier les pratiques.