Une pratique pour se sentir plus connecté à son environnement et aux autres

Une pratique pour se sentir plus connecté à son environnement et aux autres

En bref :

Parfois on a tendance à se sentir seul, isolé. Les philosophes, les sages nous expliquent patiemment qu’il n’en est rien. Que ce sentiment est une illusion car nous sommes tous reliés et que nos destins sont imbriqués comme les doigts de la main. Parfois, nous sommes même enclins à y croire. Mais il n’empêche que nous avons du mal à ressentir cela. Au fond de nous, nous pouvons nous sentir terriblement seuls. Parfois, nous devenons même irritables car nous en voulons secrètement aux autres de ne pas nous comprendre, de ne pas être assez ‘là’ pour nous.

Ce sentiment à l’origine de tant de souffrances, chers lecteurs, occupe une place fondamentale au cœur de la pratique contemplative. Cela renvoie à la notion d’interdépendance. Je vous propose ici une pratique simple qui vous aidera à cultiver un sentiment d’appartenance, et donc à vous défaire de la solitude.

Pourquoi : Favoriser le sentiment d’appartenance. Rendre la compassion plus aisée et plus naturelle. Aide à ne plus se sentir isolé ou ‘à part’.

Comment : Munissez vous d’un beau fruit, selon vos goûts et ce dont vous disposez à la maison.

Etape 1 : Il convient que vous vous asseyez sur une chaise les mains sur les cuisses, avec la colonne bien droite, ou en tailleur de façon analogue. Une posture de méditation traditionnelle conviendra également. Pour cela siddhasana ou padmasana sont adaptés.

Observer une dizaine de respirations ou plus selon votre agitation mentale. Portez l’attention sur les différents moments de la respiration : l’inspiration d’abord, le moment qui suit au cours duquel vos poumons sont gorgés d’air, et enfin l’expiration. Une fois le mental calmé, passez à l’étape suivante.

Etape 2 : Devant vous, placez le fruit à la hauteur de votre regard sur une chaise, ou devant vous sur un coussin. Tachez d’imaginer la graine d’où le fruit est sorti. C’est bon vous y êtes ?

Imaginez ensuite le visage de l’agriculteur, du paysan qui a pris soin de planter cette graine. Imaginez-le, vraiment. Imaginez aussi la terre qu’il a remué, l’eau qu’il a recueillie pour l’apporter à l’arbre naissant. Songez aux différents oiseaux qui sont venus se poser sur les branches de l’arbre.

Songez à présent à la famille de cet homme aux mains calleuses. Imaginez le soin avec lequel peut être l’épouse de cet homme a préparé le repas qui lui a permis de cultiver la terre.

Songez aussi à l’ouvrier. Ce jeune ouvrier qui a donné son temps et sa santé peut être, pour que les machines de l’agriculteur fonctionnent.

Élargissez l’expérience à toutes les vies humaines ou non qui se sont déployées pour rendre possible la culture de ce fruit que vous contemplez.

Contemplez le ciel si vous avez une fenêtre à proximité et imaginez les nuages se déverser dans la terre et nourrir ainsi la végétation. Imaginez tout cela, visualisez le plus de détails possibles. Tout ce qui a été nécessaire à l’élaboration de votre fruit.

Etape 3 : Prenez le fruit dans votre main, approchez-le de vos lèvres, croquez dedans et savourez-le. Ressentez le lien qui s’établit entre vous et toutes ces vies que vous venez d’imaginer. Ressentez cette connexion. Vous êtes reliés. Vous n’êtes jamais seul. Prenez conscience de cela et répétez l’expérience.

Une pratique pour développer la compassion envers soi

Une pratique pour développer la compassion envers soi

En bref :

Le développement de la compassion est une chose ardue. Nous sommes tous certainement conscients, du moins nous l’admettrons verbalement facilement, que l’expression de la compassion est une chose désirable en soi.

Si nous étions capables d’exprimer la compassion envers nous-même, nous n’aurions peut-être pas tant besoin d’aller arracher à nos proches des marques d’affection, nous serions capables plus aisément de (nous) pardonner et ce faisant d’agir et de construire nos vies quotidiennes de façon positive et non réactives. Plus généralement, faire preuve de compassion c’est être capable de recevoir l’autre. S’il s’agit d’auto-compassion c’est la capacité à se recevoir, à s’accueillir et s’accepter tels que nous sommes. Partant, cette acceptation permet à chacun de (se) donner sans compter si nerveusement, sans avoir peur de perdre. Pour générer de la compassion, un revirement de perspective radical du point de vue de l’individu est nécessaire. Nous ne détaillerons pas ici les commentaires quant à ce changement de perspective, mais nous allons proposer une pratique qui permet de s’apercevoir de quoi il s’agit précisément en pratique. La pratique que nous proposons ici est plus que largement inspirée de ce que les adeptes du Bouddhisme nomment Tonglen.

La durée de cette pratique est de 10 à 15 minutes au moins. Pratiquez là autant que vous voudrez.

Pourquoi ?

Apprendre à rester présent face aux aléas et difficultés de l’existence – que ceux-ci soient existentiels, relationnels ou autre. Développer la compassion envers soi-même.

Comment ?

Etape 1 : Il convient que vous vous asseyez sur une chaise les mains sur les cuisses, avec la colonne bien droite, ou en tailleur de façon analogue. Une posture de méditation traditionnelle conviendra également. Pour cela siddhasana ou padmasana sont adaptés.

Etape 2 : Prenez conscience d’une des difficultés que vous traversez actuellement. Il peut s’agir d’un problème d’argent, d’une rupture, d’un licenciement, de la mort d’un proche ou que sais-je. Prenez un problème, c’est-à-dire un évènement ou une situation qui vous tourmente. Une fois que vous avez ce problème en tête, essayez de bien en prendre conscience c’est à dire de ‘voir’ l’entièreté de ce que vous refusez d’accepter et qui vous heurte.

Etape 3 : A présent, placez votre attention conjointement sur votre respiration et sur ce problème. A l’inspiration ayez la volonté d’accepter, de recevoir, de prendre ce problème dans vos bras. Inspirez vos émotions conflictuelles. A l’expiration, relâchez de la joie, de la lumière, de la légèreté et du bonheur.

Pour vous aider à faire cela, imaginez que votre cœur distille toute cette noirceur. Votre cœur transforme la noirceur que vous inspirez en quelque chose de rayonnant et de positif.

Etape 4 : Pratiquez le Tonglen en ayant bien conscience de ce que vous souhaitez transformer dans votre attitude et dans votre vie. Il n’y a pas de limite à cette pratique. Avec le temps vous pourrez la pratiquer vis-à-vis des autres, c’est-à-dire que vous pourrez de façon similaire générer de la compassion pour les autres, et même pour ceux qui n’ont pas encore gagné votre cœur.

 

 

Une pratique pour se décharger du trop-plein, de la négativité et des émotions lourdes :

Une pratique pour se décharger du trop-plein, de la négativité et des émotions lourdes :

En bref :

Il se peut qu’après une journée de travail ou de cours, ou après une discussion un peu animée avec un proche, vous vous sentiez incapable de méditer. Vous mettre en tailleur et commencer à pratiquer est difficile car vous êtes comme un lion en cage et ne trouvez pas l’espace suffisant pour vous asseoir et débuter la pratique. Si tel est votre cas, je vous conseille la pratique suivante qui est issue de la Tradition bouddhique.

Le cycle est de 12 respirations qui comprennent – traditionnellement – 3 temps, à savoir, inspiration, transition et expiration. La durée de cette pratique oscillera entre 5 et 10 minutes selon les individus et leurs habitudes.

Pourquoi ?

Vider le trop plein émotionnel, la négativité et clarifier le mental. Un bon travail préparatoire à des formes de méditations profondes.

Comment ?

Etape 1 : De manière préalable, prenez quelques instants pour visualiser votre corps totalement vide, transparent, ayant la légèreté d’un plume.

Etape 2 : Placer votre index et votre majeur entre les deux sourcils, ainsi votre pouce peut se placer et fermer aisément la narine droite avec votre pouce – vous utilisez votre main droite ici. Inspirez profondément avec la narine gauche, en imaginant qu’une lumière blanche et pure vous pénètre. Laisser votre attention au niveau de votre 3ème œil, c’est-à-dire entre vos sourcils, quelques instants.

Etape 3 : Puis, avec votre annulaire, bouchez maintenant la narine gauche, c’est-à-dire celle qui inspirait.  A l’expiration, imaginez que ce qui vous accable s’en va dans une fumée noire et dense. Il peut s’agir de votre colère, de vos obsessions sensuelles, d’une culpabilité, ou même simplement de la confusion peu importe.

Répétez la manœuvre 6 fois pour cette narine. Ensuite changez de main et inspirez avec la narine droite. Le processus est symétrique, entièrement.

Vous devriez à présent vous sentir plus serein et moins confus. Vous pouvez à présent débuter une pratique méditative de votre choix et selon vos besoins. La simple observation de la respiration pendant une vingtaine de minutes est parfaitement adaptée pour calmer le mental et le corps émotionnel.